Panneau I : l'abreuvoir
Parlons d'abord d'Henri MARTIN-GRANEL (1914-2008) dont nous voyons l'atelier. Artiste accompli, Henri MARTIN-GRANEL, après ses études d'architecte aux Beaux-Arts de Paris, s'adonne à la sculpture sur pierre et sur ivoire.
Un ami architecte l'appelle par à Bizerte, en Tunisie, comme sculpteur et pour superviser le chantier de la cathédrale Notre-Dame de France en reconstruction.
Il présente pour cet édifice un projet de vitraux qui seront mis en place en 1953.
Débute ainsi sa carrière de maître verrier. Il travaille, selon les lieux et son inspiration : verres et plombs, pavés et dalles de verre enchâssés dans des éléments de terre cuite ou de béton.
Il revient en France en 1954 et installe son atelier à Crécy.
Si l'on peut voir ses œuvres sur des "grands" édifices tels que : la cathédrale Saint-Denis de la Réunion, la basilique du Sacré-Cœur d'Alger et les églises Notre-Dame de Royan, Saint-Crépin de Soissons, il apporte son Art dans nos églises briardes, dont les vitraux de Chœur de l'église de Crécy-la-Chapelle, ceux des églises de Maisoncelles-en-Brie, Signy-Signets, Ussy-sur-Marne…


Proche de l'atelier de MARTIN-GRANEL, est la résidence d'Henri-Gabriel IBELS (1867-1936), peintre-affichiste, proche des "Nabis".

Même si les illustrations d'Armand GUÉRY (1853-1912) pour les ouvrages locaux de Georges HUSSON paraissent d'un autre âge, elles en gardent tout leur charme.
Si nous terminons notre promenade créçoise par une œuvre d'Alexandre ALTMAMM (1878-1932), peintre dont la ville de Crécy conserve de nombreuses toiles, notre découverte de la Vallée des peintres du Grand-Morin se poursuit. Rendez-vous près de l'église de Voulangis où d'autres artistes nous attendent.
Par les œuvres présentées nous retrouvons, le lien d’amitié qui unissait les artistes, chacun assumant la charge dont il se sentait investi : la transmission du lieu.
En 1923, André DERAIN (1880-1954) présente notre vallée à son ami André DUNOYER de SEGONZAC (1884-1974), qui en 1930 entraîne son élève Henry SUGIMOTO (1900-1990),... Chacun apportera son style :
- DERAIN est un Fauve de la première heure : en 1905, il expose au Salon d'Automne avec MATISSE, ROUAULT, de VLAMINCK, …lorsque le critique d'Art, Louis VAUXCELLES, à la vue d'une sculpture italianisante d'Albert MARQUET s'exclame : "Donatello parmi les Fauves". Ainsi prend nom le mouvement qui s'éteindra en 1908. DERAIN vient dans la vallée à partir de 1910, ce tableau de la collégiale témoigne de sa recherche cubiste.
- DUNOYER de SEGONZAC traverse les courants artistiques ; il restera fidèle à l’expression de ses premières œuvres exposées en 1910.
- SUGIMOTO séjourne en France de 1924 à 1932, ses toiles racontent notre campagne, de Tigeaux à Villiers-sur-Morin. Il est influencé par Maurice de VLAMINCK et André DUNOYER de SEGONZAC. De retour aux Etats-Unis d’Amérique, ses toiles s’éclairciront, son trait s’affinera, son œuvre, toujours figurative se concentrera sur des scènes sociales : paysans, mineurs, cheminots au travail.